Mon petit fils
Son regard est perdu dans un univers que je ne comprends pas. C'est le sien, à lui seul. Animé d'une logique qui m'échappe il sait se faire comprendre. Dans son évolution arrive même à surprendre. Mais c'est dans l'affection qu'il est le plus fort, quand nous prenant par la main il nous conduit ou son esprit confu à tracé le chemin.
Et quand le soir venu je rentre du boulot, m'affalant sur le canapé du salon, il vient bien vite se pelotonner sur moi et s'agrippe pour me retenir dès que je change de position pour s'assurer de ma proximité. Rassuré, souvent il s'endort au rythme de ma respiration et m'entraîne avec lui dans ses rêves les plus flous. Ce moment de quiétude me ravi.
Quand par malheur une grippe occasionne des pleurs et que la fièvre augmente, je peste et je condamne tous ceux qui n'ont pas su prévenir. Ce n'est pas juste, mais je ne souffre pas que mon petit bout de chou aille plus mal que moi.
Il ne sait pas parler, ne sais pas se défendre et sa fragilité renforce ma protection à son égard.
Son handicap m'affecte de son injustice et m'honore de son affection.
Je l'aime